La toile de Léon Zack 

 

L'ascension du Christ 



La pièce maîtresse de la rénovation de 1952 est sans conteste la toile peinte au-dessus de l'autel, point de convergence du regard. Une toile de jute collée à même le mur courbe du chœur, recouverte d'une pâte étalée au couteau.

 

Pour L. Zack, le parti-pris non figuratif est peut-être plus essentiel à l'art sacré qu'à l'art profane ; son déploiement se justifie tout naturellement par la connaissance des textes sacrés que peuvent avoir les fidèles au milieu du XXème siècle. Depuis le livre, plus besoin des murs d'église pour expliquer ou commenter l'Histoire Sainte.

 

La lecture de cette oeuvre complexe, forte et dense "qui s'interdit tout bavardage et toute vaine curiosité, nous conduit vers l'essentiel: la liberté, la vie et le bien ". Elle témoigne de la parfaite maîtrise de la lumière de l’artiste et se situe dans sa période géométrique. Toute l'évolution picturale de Zack suivra un cheminement le libérant progressivement de la figuration (1948), des structures géométriques(1960), et des pesanteurs (1960), pour atteindre une véritable élévation spirituelle et "projeter la lumière dans les profondeurs du coeur humain... ".

 

 

Une modernité encore actuelle 

 

En 1989 on me chargea des travaux de réfection de l'église. Mon premier travail, en tant qu'architecte, fut de réfléchir aux meilleures dispositions pour mettre davantage en valeur ce témoignage toujours vivant de l'Art Contemporain. J'approuvais L. Zack dans sa déclaration : "Je crois que l'art sacré n'existe pas. Seul existe l'art,- ou en ce cas l'art sous toutes ses formes est sacré. L'art en lui-même est d'ordre spirituel ou sacré... " L'église se trouvait alors dans un état de réelle indigence, rien n'y avait été entrepris depuis les années 1950. La noblesse de ce lieu résidait dans son austérité, son humilité, et son silence. Conserver ses caractères s'imposait impérativement.

                                   

Pour l'intérieur, un nouveau revêtement de sol me permit de réunifier l'espace de la nef et d'en rapprocher le chœur en y intégrant un chauffage rayonnant parfaitement invisible. Les bancs redessinés dans une géométrie rigoureuse, ont été réalisés en frêne massif. La valorisation de cet ensemble s'effectue par un système d'éclairage permettant le choix des ambiances suivant les besoins liturgiques et assurant une mise en évidence des principaux éléments: vitraux, stèles, toile peinte.

 

Les extérieurs furent traités avec la plus grande discrétion, on débarrassa les anciennes protections grillagées disgracieuses en acier sur les vitraux, le grand portail fut réalisé à partir de sa conception initiale, et un crépi à la chaux au sable rouge finissait le volume de la nef.

 

 

Pour conclure j’emprunterai les mots de J. Himmelspach, ami de l'abbé Vetter: "L'église d'Urschenheim constitue un témoin, hélas exceptionnel, de la pérennité de l'art sacré, ainsi que d'un ressourcement spirituel dans notre province, grâce au retour de la grande tradition ecclésiale et artistique. Elle est aujourd'hui un joyau d'art chrétien contemporain, vivant et authentique, en Alsace. Malgré des incompréhensions béotiennes, des conspirations de silence et des réactions haineuses, ce monument d'art sacré s'impose avec une calme assurance qui est celle de la vérité, de l'authenticité, de la pureté, de l'humilité, de la foi de la grâce, du rayonnement irrésistible des réalités divines. »

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Une modernité encore actuelle
 

 

En 1989 on me chargea des travaux de réfection de l'église. Mon premier travail, en tant qu'architecte, fut de réfléchir aux meilleures dispositions pour mettre davantage en valeur ce témoignage toujours vivant de l'Art Contemporain. J'approuvais L. Zack dans sa déclaration : "Je crois que l'art sacré n'existe pas. Seul existe l'art,- ou en ce cas l'art sous toutes ses formes est sacré. L'art en lui-même est d'ordre spirituel ou sacré... " L'église se trouvait alors dans un état de réelle indigence, rien n'y avait été entrepris depuis les années 1950. La noblesse de ce lieu résidait dans son austérité, son humilité, et son silence. Conserver ses caractères s'imposait impérativement.

 

Pour l'intérieur, un nouveau revêtement de sol me permit de réunifier l'espace de la nef et d'en rapprocher le chœur en y intégrant un chauffage rayonnant parfaitement invisible. Les bancs redessinés dans une géométrie rigoureuse, ont été réalisés en frêne massif. La valorisation de cet ensemble s'effectue par un système d'éclairage permettant le choix des ambiances suivant les besoins liturgiques et assurant une mise en évidence des principaux éléments: vitraux, stèles, toile peinte.

 

Les extérieurs furent traités avec la plus grande discrétion, on débarrassa les anciennes protections grillagées disgracieuses en acier sur les vitraux, le grand portail fut réalisé à partir de sa conception initiale, et un crépi à la chaux au sable rouge finissait le volume de la nef.

 

 

Pour conclure j’emprunterai les mots de J. Himmelspach, ami de l'abbé Vetter: "L'église d'Urschenheim constitue un témoin, hélas exceptionnel, de la pérennité de l'art sacré, ainsi que d'un ressourcement spirituel dans notre province, grâce au retour de la grande tradition ecclésiale et artistique. Elle est aujourd'hui un joyau d'art chrétien contemporain, vivant et authentique, en Alsace. Malgré des incompréhensions béotiennes, des conspirations de silence et des réactions haineuses, ce monument d'art sacré s'impose avec une calme assurance qui est celle de la vérité, de l'authenticité, de la pureté, de l'humilité, de la foi de la grâce, du rayonnement irrésistible des réalités divines.