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La Guerre d'Algérie
De 1954 à 1962, un nombre grandissant d'appelés du contingent fut envoyé en Algérie pour participer à la guerre d'Algérie, commencée le 1er novembre 1954. Leur nombre a dépassé le demi-mllion à la fin de la guerre, pour une conscription de 28 mois. La mobilisation générale durant la guerre d'Algérie constitue le dernier appel aux citoyens français (engagés volontaires et réservistes exceptés).
Plusieurs habitants d'Urschenheim passèrent près de 3 ans en Afrique du Nord pour participer aux opérations du maintien de l'ordre. Presque 60 années après, les souvenirs demeurent.
Cette page est inaugurée avec le récit de Robert RINGLER sur la Guerre d'Algérie.
Le témoignage de Robert RINGLER
Peu avant son décès, Robert Ringler avait accepté de livrer ses souvenirs de la guerre d’Algérie, apportant ainsi un témoignage précieux sur l’expérience vécue par les jeunes hommes de sa génération appelés à servir loin de chez eux.
Son voyage débute à Marseille, où il embarque pour l’Algérie avec, selon son souvenir, près de 1 800 militaires. Après trois mois de classes à Blida, il séjourne notamment huit mois à Tindouf, aux portes du désert, où les conditions climatiques sont particulièrement éprouvantes. Il se souvient de températures couramment comprises entre 30 et 40 °C, et parfois bien davantage dans le désert.
Affecté à l’intendance, Robert Ringler participe à la préparation des rations, au ravitaillement et à leur distribution avant le départ des soldats en opération. Il raconte également comment il cherchait à améliorer l’ordinaire en se procurant de la viande fraîche, notamment des moutons.
Son témoignage permet aussi d’entrevoir le quotidien des opérations militaires. Les départs pouvaient être soudains, parfois en hélicoptère et sans que les hommes connaissent leur destination. D’autres déplacements s’effectuaient à pied ou en camion et certaines opérations pouvaient durer plusieurs jours. Il évoque également l'intervention de renforts, l'appui aérien et l'utilisation du napalm.
Interrogé sur ses relations avec la population algérienne, Robert Ringler indique ne pas avoir rencontré de difficultés particulières dans son expérience personnelle. Il se souvient également de postes où étaient proposés un enseignement aux enfants et des consultations médicales. Mais lorsqu’il évoque la manière dont la population vivait les opérations militaires, un sentiment domine dans ses souvenirs : la peur.
Robert Ringler était encore en Algérie au moment du cessez-le-feu. Il se souvient alors de restrictions dans les déplacements et d’une période d’attente avant de pouvoir regagner la France.
Malgré les épreuves traversées, il estimait avoir conservé de son séjour davantage de bons souvenirs que de mauvais, tout en soulignant qu’il ne fallait pas pour autant imaginer une vie toujours tranquille. Son récit fait une large place à la camaraderie entre soldats, mais aussi à la discipline, au commandement et aux liens maintenus avec la famille, notamment par sa correspondance avec sa sœur.
Enfin, son témoignage rappelle combien il pouvait être difficile, une fois revenu en France, de raconter ce qui avait été vécu. Recueillies plusieurs décennies après les événements, les paroles de Robert Ringler constituent aujourd’hui une mémoire personnelle de cette période, avec ses souvenirs précis, ses impressions et son propre regard sur la guerre d’Algérie.
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